Portrait d’une herboriste par Amélie Sauvé dans le Journal de la Guilde des herboristes

Ce portrait a été publié dans le Journal (volume 21, numéro 2) de la Guilde des herboristes à l’automne 2016. Ce numéro portait sur la santé intestinale, ce que j’aborde presqu’inévitablement en consultation. Si vous désirez vous procurer le PDF complet de cette édition du Journal, suivez le lien: http://www.guildedesherboristes.org/journal-de-la-guilde-des-herboristes/

Merci à Amélie pour ce beau texte.


En terminant mon entrevue avec Valérie, je l’ai remerciée pour son dynamisme, sa bonne humeur et son optimisme ! Valérie a une énergie particulière qui nourrit les gens autour d’elle.

Cette femme de 27 ans vit de sa profession depuis qu’elle a terminé ses études. Elle donne ses consultations aux Portes oranges dans le Mile-End, offre des consultations par Skype et est adjointe au contenu académique à l’école FloraMedicina. Elle est passionnée par la recherche, l’éducation et l’anthropologie de la santé. Elle a la tête pleine de projets, dont celui d’offrir des services pour les personnes démunies.

Valérie a un intérêt particulier pour le système digestif, qui est le thème de ce numéro. Elle a d’ailleurs écrit un article que je vous invite à lire si vous ne l’avez pas encore fait.

À 18 ans, étudiante chez FloraMedicina

Valérie vient d’une famille où le service aux humains était une valeur importante. Originaire de Montréal, elle a toujours eu une attirance pour les plantes médicinales. Un de ses premiers emplois était dans un magasin de santé naturelle. Elle y a appris beaucoup en scrutant les tablettes et en écoutant les conseillères spécialisées.

Lorsqu’elle a terminé le secondaire, elle a découvert une brochure de l’école FloraMedicina et elle a tout de suite vu que cela correspondait à ce qu’elle voulait faire : un travail intellectuel, créatif, positif, en contact avec la nature et avec l’humain ! Elle s’est tout de suite dit : « Je vais essayer ! » et elle affirme : « Étant une personne intense, lorsque j’essaie quelque chose, je vais jusqu’au bout ! »

Dès qu’elle s’est inscrite au programme d’herboriste thérapeute, elle est allée sur le site de la Guilde pour contacter plusieurs herboristes qui ont des jardins et leur offrir son aide. Elle a donc passé quatre mois à ViV-Herbes dans le bas du fleuve avec Chantal Dufour. Elle était logée et nourrie et elle travaillait tous les jours. Elle y a vécu une immersion totale avec les plantes !

« Ce qui était spécial, c’est que je cueillais et transformais de nombreuses plantes, sans en avoir encore la connaissance intellectuelle, mais je les ai vraiment rencontrées. » Lorsqu’elle a commencé à FloraMedicina en septembre, suite à cette expérience, elle connaissait déjà les plantes dont les profs parlaient et cela l’a grandement aidée dans ses apprentissages.

Elle adorait étudier, mais elle n’arrivait pas à se voir thérapeute. Elle se sentait alors encore trop jeune, mais elle poursuivait en se disant que ses connaissances lui serviraient
au moins à soigner ses proches.

La vie a bien fait les choses, car elle a pu étaler ses études sur quelques années. Lors de la troisième année, il n’y avait pas assez d’inscriptions pour partir la cohorte, elle en a donc
profité pour voyager en Nouvelle-Zélande et au Belize.

Son stage au Belize, au cœur du pouvoir de l’autoguérison

C’est lors de la formation continue de la Guilde des herboristes avec Dre Rosita Arvigo, DN, qu’elle a eu le goût d’aller suivre une formation sur la guérison spirituelle maya au Belize, à l’école de cette femme médecine.

Lorsqu’elle est allée voir plus de détails sur cette formation, elle a vu que celle-ci commençait le 22 février, ce qui correspondait à sa date de naissance, elle qui allait avoir
22 ans cette année-là !

Ce fut une expérience des plus enrichissantes au niveau anthropologique pour Valérie. C’est un sujet qui l’intéresse beaucoup : « la vision de la santé et de la guérison à travers
le monde. » Même si elle n’applique pas nécessairement les mêmes rituels dans sa vie, elle aime apprendre à ce sujet.

Elle a beaucoup apprécié la vision de Rosita, qui enseignait aux femmes à reprendre leur pouvoir d’autoguérison. Cela rejoignait vraiment ce qu’elle aime faire : enseigner aux gens
à prendre soin d’eux-mêmes.

Ses apprentissages personnels

À son retour, elle a fait ses deux dernières années d’étude. Avec le recul, elle réalise que ces deux années de plus lui ont permis d’intégrer toutes ses connaissances et de devenir
une femme plus mature.

Pendant cette période de pause académique, elle a pratiqué avec des personnes de son entourage qui lui demandaient de l’aide pour leurs problèmes de santé. Elle prenait beaucoup de temps et étalait tous ses livres devant elle avant de proposer des plantes. Entre autres, une femme lui donnait des comptes-rendus détaillés sur l’évolution de son état de santé et cela lui permettait d’avoir l’heure juste sur les résultats. Cela lui a été très bénéfique pour faire grandir sa confiance.

Son intérêt pour le système digestif

« Ce système fait partie de manière intrinsèque de notre travail. À part la peau, c’est la façon dont on prend les plantes, que ce soit par un concentré liquide ou par une tisane, c’est certain que les plantes vont entrer en contact avec nous par le système digestif. » Elle ajoute : « Lors d’une consultation, on peut moins aborder certains systèmes, mais celui-ci est toujours très important. Souvent les gens ne font pas les liens. Par exemple, ils ont des allergies et ne penseront pas que cela peut avoir un rapport avec leur système digestif ou avec ce qu’ils mangent. »

Lorsqu’elle a commencé à travailler à FloraMedicina, elle a eu le mandat de participer à la création du cours sur les pathologies du système digestif. C’est à ce moment-là qu’elle a fait toutes ses recherches sur le microbiote. « Côté recherches, c’est absolument fascinant ! » Valérie espère vraiment que toutes ces données seront vraiment profitables pour l’humain. « Les chercheurs ne sont pas encore rendus à proposer des protocoles de soins pour les problèmes de santé, mais certains disent que de comprendre tout cela les amène à changer leurs propres habitudes de vie, par exemple, en évitant d’utiliser des savons antimicrobiens. » Cela rejoint les recommandations que font les herboristes à propos du mode de vie !

D’autre part, les recherches peuvent amener à comprendre de nombreux phénomènes, tels que les problèmes de résistance aux antibiotiques. C’est porteur de beaucoup d’espoir!

Dans sa pratique, c’est beaucoup en lien avec le système nerveux qu’elle travaille le plan digestif. Elle voit l’impact que le stress, la fatigue et l’anxiété ont sur la digestion et vice-versa. Il est rare qu’une personne qui vient la voir dise ne pas vivre une de ces problématiques. Elle aime créer un lien de confiance avec une personne pour l’aider à prendre conscience de la source de ses difficultés, dans les limites de sa profession. Il se crée alors une relation à long terme avec ses clients.

La « Pop » thérapie

Valérie travaille dans le Mile-End à la Clinique AcuPop. « Pop » pour populaire, l’objectif étant d’offrir des soins aux gens qui ont moins de moyens. Ils développent toutes sortes de stratégies pour rendre les services accessibles tout en misant sur l’autonomie des gens.

Par exemple, ils offrent un service de consultations jumelées (30 min d’acupuncture / 30 min d’ostéopathie). Ils travaillent beaucoup en équipe en ayant une vision commune pour la personne. « Nous voulons aussi offrir ce service en herboristerie. Par exemple, l’acupuncteur travaille dans une lignée en traitant un organe ou un méridien en particulier, puis l’herboriste fait un suivi avec les plantes pour continuer dans ce chemin-là. Ces deux approches sont un bon duo, car les aiguilles peuvent amener l’énergie quelque part, mais elles ne créent pas l’énergie, ce que les plantes peuvent faire. »

Ce pourrait aussi être fait à l’inverse : par exemple, quand on rebâtit un système qui est à plat en travaillant avec de l’ortie pour remettre des reins en fonction, le travail en acupuncture est ensuite vraiment plus efficace. Ce serait dans le but de faire un traitement populaire, plus accessible, plus court. Elle a hâte de commencer ce projet, car cela correspond vraiment à ses valeurs et à ce qu’elle voulait faire, donc c’est très stimulant pour elle.

Valérie a une affinité avec la vision orientale de l’herboristerie et elle est familière avec le langage utilisé, car cela l’aide à comprendre les problématiques des gens. Parfois, c’est davantage la vision ayurvédique qui va l’aider à comprendre et d’autres fois, la vision occidentale. Cela dépend des personnes.

L’allumeuse d’étincelles

Valérie travaille donc à l’école FloraMedicina, en plus d’animer des ateliers pour le grand public et d’offrir des consultations aux Portes oranges dans le Mile-End.

Le point en commun dans tout cela, c’est qu’elle aime être témoin de ce moment où les gens développent une véritable passion en découvrant l’herboristerie. Elle adore lorsque les gens apprennent à faire les choses par eux-mêmes. « Que ce soit pour mes clients ou pour mes étudiants, c’est cette petite étincelle que j’aime vraiment beaucoup voir s’allumer en eux ! Lorsque les gens disent : “Je peux faire cela moi-même ? Je peux prendre soin de moi comme cela ? Est-ce que j’ai le droit de faire cela ?” Et je leur réponds: “Mais oui ! Allez-y !” Et c’est à ce moment-là qu’ils deviennent super créatifs… “Je pourrais faire une pastille de telle manière…” Toi, tu as allumé l’étincelle et eux ils sont partis… Je trouve ça génial ! »

Elle voit beaucoup de gens qui découvrent l’herboristerie du jour au lendemain et veulent devenir herboristes. C’est un phénomène qui la touche beaucoup. Pour Valérie, ce qui est le plus important à transmettre à ses clients, c’est l’autonomie. Elle veut qu’ils apprennent comment leur corps réagit face à diverses situations et quelles plantes ils peuvent utiliser, en choisissant celles avec lesquelles ils ont plus d’affinités.

La tête pleine de projets, le coeur plein de rêves

Valérie a beaucoup de projets en tête. Par exemple, avec AcuPop, ils ont le désir de concevoir une clinique portative pour aller rejoindre les gens dans leur milieu ou dans les centres communautaires. Elle aimerait participer à cela. « L’herboristerie, c’est une médecine tellement populaire, mais qui est aujourd’hui plutôt réservée aux gens qui ont plus d’argent, car ce n’est pas couvert par l’assurance maladie. »

D’autre part, elle a beaucoup de rêves, dont celui d’ouvrir un centre de santé. Elle y pense depuis qu’elle est très jeune. Enfant, c’était plus en lien avec les arts. Elle rêvait d’un endroit où les gens pourraient travailler ensemble dans plusieurs disciplines. Aujourd’hui, cela s’est élargi pour les gens qui vivent une phase difficile. « Un endroit où tu peux aller et recevoir des traitements d’acupuncture, faire du jardinage, faire de l’art thérapie, de l’initiation à l’herboristerie, de la lecture, etc. »

Elle ne sait pas comment cela peut devenir réalisable. Cela reste dans sa tête et lorsqu’elle aura une opportunité…

Elle a aussi un rêve de faire le tour du monde et de rencontrer les différentes sortes de guérisseurs. Les multiples visions de la santé la passionnent. Elle aimerait en faire un documentaire. Elle est passionnée par l’anthropologie de la santé. Elle n’a pas encore la clé pour savoir comment cela sera possible, mais cela aussi germe en elle.

Il n’y a pas de doutes que cette jeune femme passionnée, généreuse et fonceuse réalisera de grands projets et continuera d’allumer des étincelles chez les gens qui croiseront sa route !

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Avertissement :

Ces parutions ne servent qu’à des fins éducatives et ne visent aucunement à soigner, traiter ou établir des diagnostics médicaux. Ils ne constituent pas non plus une incitation ou un encouragement à interrompre des traitements médicaux. Si vous prenez des médicaments, que vous êtes enceintes ou allaitez, consultez un herboriste thérapeute accrédité ou un professionnel de la santé avant de prendre des plantes médicinales. Le contenu des textes sur ce site n’a pas fait l’objet d’une évaluation par Santé Canada.

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